Les dangers de l'hydroquinone dans les produits éclaircissants

Hydroquinone et crèmes blanchissantes, une remise en question

Considérée pendant de longues décennies comme un produit blanchissant miracle, l'hydroquinone, une substance chimique, permet de traiter la coloration de la peau due au mélasma, aux cicatrices de l’acné, et autres taches brunes et troubles d’hyperpigmentation, mais aussi de se blanchir la peau.

Cependant, de nombreuses études scientifiques ont révélé les dangers associés à l'utilisation de la molécule, allant de l'apparition de marques bleuâtres sur la peau à des risques de développer un cancer. Son utilisation, associée à d'autres produits très agressifs ou dangereux peut avoir de graves conséquences sur la santé.

Ce produit est maintenant interdite dans de nombreux pays dont le Royaume-Uni, le Japon, l’Afrique du Sud ou L’Union Européenne.

Un peu d’histoire

L'hydroquinone aurait pu rester inconnue du grand public. En effet, depuis le début du XIXe siècle, et jusqu’à la fin des années 1930, elle était, entre autres, utilisée pour le développement photographique et la chimie (1).

Ce n’est que suite à une série d’accidents industriels aux Etats-Unis, à la fin des années 30, que ses puissants pouvoir blanchissants ont été révélés. En effet, le monobenzyl éther d’hydroquinone, utilisé comme vulcanisateur de caoutchouc de gants de protection, décolorait la peau des ouvriers mexicains et noirs d’une tannerie du Texas. Les ouvriers qui portaient ces gants présentaient une dépigmentation des avant-bras en contact avec le produit (2).

Ses effets étaient si notables que son utilisation s’est rapidement répandue aux Etats-Unis, sous forme de crèmes dépigmentantes et autres produits blanchissants, tout en soulevant la controverse (3).

La production américaine s’est ensuite exportée dans de nombreuses régions du monde, dont l’Afrique du Sud. Dans ce pays, la « ségrégation raciale » était de mise, c’était l’Apartheid. Les personnes à peau blanche se trouvaient en haut de la pyramide sociale et jouissaient de privilèges inatteignables pour les populations avec une peau noire.

Cette atmosphère oppressante liait la réussite sociale ou économique à la coloration de la peau. Les femmes noires voyaient ainsi les produits blanchissants comme un moyen de se rendre belles et désirables en rapprochant leur teint de peau de celui des élites.

Le marché des produits blanchissants s’est ainsi développé en Afrique du Sud, où de nombreux entrepreneurs ont fait fortune en créant leur propre marque de produits blanchissants (4).

Son mode d’action

L’hydroquinone freine la production de mélanine, pigment de la peau qui détermine sa couleur. La molécule agit par blocage enzymatique mais cette réaction donne naissance à de nombreux dérivés toxiques.

En utilisation continue, le composé chimique détruit les mélanocytes, les cellules de la couche inférieure de l’épiderme qui produisent les mélanosomes et la mélanine (5).

Les dangers d'utilisation de l'hydroquinone

Son efficacité à éclaircir les taches brunes de la peau, de manière temporaire, est reconnue. Mais utiliser cette molécule n’est pas sans risque pour la santé et la peau de ses utilisateurs.

Cette popularité et utilisation croissante des produits blanchissants a ainsi révélé les dangers liés à l’utilisation de la substance. Différentes études menées en Afrique du Sud ont révélé les risques et conséquences de son utilisation prolongée.

En 1975 et 1980, des études documentent des cas d’empoisonnement à l’hydroquinone avec des patients atteints d’ochronose exogène. Cette maladie, causée par la molécule, fait apparaître des taches foncées et des marques bleuâtres sur la peau, défigurant les utilisateurs de produits blanchissants (6,7).

Les études dénonçant les risques liés à l’utilisation prolongée de cet agent chimique se sont ensuite multipliées et ont accablé les produits contenant de l’hydroquinone (8). D’autres effets négatifs ont aussi été établis avec entre autres:

  • Une mauvaise odeur corporelle (odeur de poisson)
  • L'irritation de la peau
  • La dépression immunitaire
  • La dépigmentation en confetti

D’autres risques pour la santé sont maintenant soupçonnés tels que des effets cancérigènes, observés dans les modèles animaux (9).

Pour les femmes enceintes ou allaitantes, son utilisation met aussi en danger le développement du fœtus et la santé de l’enfant (10).

Face à l’accumulation de preuves scientifiques et l’évolution de l’Apartheid, l’Afrique du Sud bannit de son territoire la vente de produits à base d’hydroquinone en 1980.

La communauté scientifique internationale devient de plus en plus critique vis-à-vis de la molécule (11). En 2001, l’interdiction de l’hydroquinone dans les produits cosmétiques est adoptée en Europe et au Japon.

Aux Etats-Unis, le composé fait toujours partie de la liste des produits éclaircissants autorisés. Le produit est disponible en vente libre pour une concentration inférieure à 2% et peut être intégré dans des produits blanchissants prescrits à hauteur de 4%. Cela, malgré une proposition de retrait du marché de la FDA (Food and Drug Administration) en Août 2006. Cette dernière continue de mettre en garde les consommateurs contre les potentiels effets néfastes de l’hydroquinone.

Les produits frauduleux associés

D’autres produits, d’origine naturelle ou chimique, sont mis en avant en tant que remplaçants de l’hydroquinone. Malheureusement, leur efficacité n’est pas toujours scientifiquement prouvée.

De plus, certains entrepreneurs peu scrupuleux n’hésitent pas à rajouter du mercure, des dermocorticoïdes et de l’hydroquinone dans certains produits blanchissants, en apparence anodins, sans en avertir les autorités ainsi que le consommateur (12,13). De tels produits peuvent mettre en danger la santé, et parfois la vie des utilisateurs (14). Le phénomène est malheureusement très répandu en Afrique, y-compris en Afrique du Sud (15,16,17).

Le NHS (National Health Service) anglais a ainsi listé les différents effets dangereux pouvant être induits par ces préparations (18):

  • Assombrissement ou trop fort éclaircissement de la peau
  • Amincissement de la peau
  • Vaisseaux sanguins apparents
  • Cicatrices
  • Lésions rénales, du foie ou des nerfs
  • Anomalie chez le nouveau-né (si utilisées durant la grossesse)

En France, où l’hydroquinone est interdite, il est toujours possible de trouver ces produits en vente sur internet ou dans des boutiques spécialisées. Les clients et vendeurs ne sont pas toujours au courant de l’interdiction de commercialisation du composé chimique.

D’autres personnes, conscientes du danger, sont prêtes à prendre le risque de s’appliquer le produit, quel qu’en soit le prix. Il se retrouve encore employé seul, ou en association avec d’autres produits comme le propionate de clobétasol (corticostéroïde topique), qui va renforcer l’effet blanchissant de l’hydroquinone tout en rendant la peau plus fragile (amincissement, vergetures…) et en favorisant les infections microbiologiques, entre autres.

Ce genre de mélange dangereux peut fragiliser la santé d’un individu, entraîner des maladies et même se révéler fatal (19).

Un produit à éviter

Même si elle est encore aujourd’hui populaire dans certaines régions du monde à cause de ses résultats rapides et notables, l’hydroquinone n'est ni bonne pour la peau, ni bonne pour le corps. Malheureusement, son utilisation est encore observée dans des pays où ce composé chimique est interdit.

L’utilisation de produits en contenant doit être évitée autant que possible. Les effets blanchissants de tels produits ne valent pas les risques pour la santé encourus.

Un arrêt immédiat de produits comme une crème à base d'hydroquinone, ou d’autres produits dépigmentants dangereux est conseillé, avec un arrêt progressif des produits à base de corticoïdes pour éviter tout phénomène de corticodépendance.

Si un produit éclaircissant ou blanchissant est vendu sans donner sa composition, il est plus prudent de ne pas l'acheter.

Vers des alternatives sûres et naturelles

De plus en plus de monde souhaite s’éclaircir le teint pour avoir un teint plus uni, lutter contre l’hyperpigmentation, supprimer des imperfections, des taches ou des cicatrices. Cependant, ces personnes ne souhaitent pas le faire au détriment de leur santé.

Pouvoir unifier son teint en toute sécurité est possible en utilisant des produits testés scientifiquement, avec des actifs naturels. Ces tests permettent d’assurer l’innocuité des produits utilisés et apportent des garanties en termes de qualité et de sécurité. La gamme WHITE LEAF ne contient pas d'hydroquinone et respecte votre peau. Elle vous permet de prendre soin de votre peau et de l'unifier sans risque.

Certains produits, du fait de leur emballage attrayant, de leur prétendue efficacité ou de leur prix peuvent être tentants. Il faut toutefois avoir des garanties solides d’efficacité et de sécurité pour faire un choix informé.

 

Bibliographie :

(1) What is Hydroquinone? (1887). Scientific American, 57(24), 376. Consulté à l’adresse https://www.jstor.org/stable/26088898

(2) Schwartz, L., Oliver, E. A., & Warren, L. H. (1940). Occupational Leukoderma. Public Health Reports (1896-1970), 55(25), 1111. https://doi.org/10.2307/4583336

(3) Porter, E. (2006). "Black No More"?: Walter White, Hydroquinone, and the "Negro Problem". American Studies, 47(1), 5-30. Consulté à l’adresse https://www.jstor.org/stable/40604896

(4) Thomas, L. (2012). Skin Lighteners, Black Consumers and Jewish Entrepreneurs in South Africa. History Workshop Journal, (73), 259‑283. Consulté à l’adresse https://www.jstor.org/stable/23277789

(5) Ebanks, J., Wickett, R., & Boissy, R. (2009). Mechanisms Regulating Skin Pigmentation: The Rise and Fall of Complexion Coloration. International Journal of Molecular Sciences, 10(9), 4066‑4087. https://doi.org/10.3390/ijms10094066

(6) Findlay, G. H., & De Beer, H. A. (1980). Chronic Hydroquinone Poisoning of the Skin from Skin-Lightening Cosmetics. A South African epidemic of ochronosis of the face in dark-skinned individuals. South African Medical journal, 57(6), 1‑5. Consulté à l’adresse https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7361208/

(7) FINDLAY, G. H., MORRISON, J. G. L., & SIMSON, I. W. (1975). Exogenous ochronosis and pigmented colloid milium from hydroquinone bleaching creams. British Journal of Dermatology, 93(6), 613‑622. https://doi.org/10.1111/j.1365-2133.1975.tb05110.x

(8) HARDWICK, N., GELDER, L. W., MERWE, C. A., & MERWE, M. P. (2006a). Exogenous ochronosis: an epidemiological study. British Journal of Dermatology, 120(2), 229‑238. https://doi.org/10.1111/j.1365-2133.1989.tb07787.x

(9) Kari, F. W., Bucher, J., Eustis, S. L., Haseman, J. K., & Huff, J. E. (1992). Toxicity and carcinogenicity of hydroquinone in F344/N rats and B6C3F1 mice. Food and Chemical Toxicology, 30(9), 737‑747. https://doi.org/10.1016/0278-6915(92)90075-v

(10) Obiageli, A. N. (2019). Immunoglobulin levels in maternal blood, cord blood and breast milk of Nigerian pregnant women using hydroquinone and non-hydroquinone containing skin lightening creams. Our Dermatology Online, 10(2), 131‑137. https://doi.org/10.7241/ourd.2019e.5

(11) Williams, H. (1992). Skin Lightening Creams Containing Hydroquinone: The Case For A Temporary Ban. BMJ: British Medical Journal, 305(6859), 903‑904. Consulté à l’adresse https://www.jstor.org/stable/29717289

(12) Al-Saleh, I., Elkhatib, R., Al-Rouqi, R., Al-Enazi, S., & Shinwari, N. (2012). The dangers of skin-lightening creams. Toxicological & Environmental Chemistry, 94(1), 195‑219. https://doi.org/10.1080/02772248.2011.631925

(13) Gbetoh, M. H., & Amyot, M. (2016). Mercury, hydroquinone and clobetasol propionate in skin lightening products in West Africa and Canada. Environmental Research, 150, 403‑410. https://doi.org/10.1016/j.envres.2016.06.030

(14) Olumide, Y. M., Akinkugbe, A. O., Altraide, D., Mohammed, T., Ahamefule, N., Ayanlowo, S., … Essen, N. (2008). Complications of chronic use of skin lightening cosmetics. International Journal of Dermatology, 47(4), 344‑353. https://doi.org/10.1111/j.1365-4632.2008.02719.x

(15) Agorku, E. S., Kwaansa-Ansah, E. E., Voegborlo, R. B., Amegbletor, P., & Opoku, F. (2016). Mercury and hydroquinone content of skin toning creams and cosmetic soaps, and the potential risks to the health of Ghanaian women. SpringerPlus, 5(1), 1. https://doi.org/10.1186/s40064-016-1967-1

(16) Davids, L. M., van Wyk, J., Khumalo, N. P., & Jablonski, N. G. (2016). The phenomenon of skin lightening: Is it right to be light? South African Journal of Science, Volume 112(Number 11/12), 1‑5. https://doi.org/10.17159/sajs.2016/20160056

(17) Olumide, Y. (2011). Use of Skin Lightening Creams: Lack of Recognition and Regulations Is Having Serious Medical Consequences. BMJ: British Medical Journal, 342(7793), 1‑3. Consulté à l’adresse https://www.jstor.org/stable/20839436

(18) NHS website. (2019, 23 septembre). Skin lightening. Consulté à l’adresse https://www.nhs.uk/conditions/cosmetic-procedures/skin-lightening/

(19) UNESCO (Éd.). (2012). Femmes et Développement en Afrique: « La Recherche au service de la Santé et de l’Esthétique ». Consulté à l’adresse https://www.uisf.fr/upload/ActesFinaux.pdf